notre plaidoyer
se soigner après des violences sexuelles dans l'enfance ne devrait pas être un privilège.
Depuis le 1er octobre, l'Assemblée nationale examine la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes. Elle crée un parcours de soins spécialisés du psychotraumatisme, pris en charge par la solidarité nationale, pour les mineur·es seulement. nook demande au Gouvernement de l'ouvrir aux adultes.
en ce moment
la loi donne un droit aux enfants. elle le refuse aux adultes.
loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes · en séance depuis le 1er octobre 2026
Son article 55 réserve le parcours de soins aux mineur·es. Or un enfant victime sur dix révèle les violences au moment des faits ; de l'ordre de deux enfants victimes sur cent reçoivent des soins pendant leur minorité. On parle tard et on se soigne plus tard encore, à quarante ans passés, quand la mémoire revient. La loi donne ainsi un droit aux victimes qui ne peuvent pas encore l'exercer et le refuse à celles qui en ont besoin maintenant. Corriger l'article 55 ne dépend pas des député·es : la Constitution leur interdit de créer une dépense par amendement. Seul le Gouvernement peut ouvrir ce parcours de soins aux adultes.
proposition de loi de Gabrielle Cathala · examinée début octobre 2026
Déposée le 8 mars 2026, elle porte la réparation des violences sexuelles subies dans l'enfance et prévoit la prise en charge des soins. nook a contribué à son écriture et a écrit à l'ensemble des député·es pour leur demander de la cosigner.
Mis à jour le 1er octobre 2026 · pour suivre chaque étape : la newsletter.
s'inscrire à la newsletterle constat
pour les victimes, c'est la triple peine.
Être violé·e dans l'enfance, devoir construire son parcours de soins seul·e et le financer seul·e. La première peine, aucun texte de loi ne peut la défaire. Les deux autres, si.
01
être violé·e dans l'enfance
En France, 5,4 millions d'adultes ont subi des violences sexuelles dans leur enfance. C'est un·e adulte sur dix. Un enfant victime sur dix révèle les violences au moment des faits. Ce silence est fabriqué par l'agresseur, et la honte comme l'amnésie traumatique le prolongent pendant des décennies.
02
construire son parcours de soins seul·e
Les soins commencent par des années d'errance : 79 % des professionnel·les de santé ne font pas le lien entre les symptômes du traumatisme et leur cause. Les victimes multiplient les examens et les spécialistes, sans qu'aucune cause physique soit jamais trouvée, jusqu'à s'entendre dire que « c'est le stress ». Cette errance dure treize ans en moyenne. Quand le lien est enfin fait, les dispositifs publics n'ont pas de place : un seul centre régional du psychotraumatisme par région, des centres médico-psychologiques où l'attente atteint douze à dix-huit mois. Reste le secteur libéral : quelques centaines de praticien·nes spécialisé·es pour des millions de victimes.
03
le financer seul·e
Il manquait un chiffre, celui de ce que les victimes paient elles-mêmes. nook l'a établi en 2026 auprès de mille d'entre elles : se reconstruire coûte 21 009 euros en moyenne, étalés sur huit ans de soins. C'est 210 euros par mois, l'équivalent de ce que les Françaises parviennent, en moyenne, à épargner mensuellement. Les séances de psychologue, non remboursées, sont le premier poste de dépense. Quand payer devient impossible, les victimes abandonnent : les trois quarts ont renoncé à des soins par manque d'argent.
« Jusqu'alors je n'avais jamais fait de thérapie parce qu'il faut payer. »
« Les soins que je me paie, la société ne les reconnaît pas, la Sécurité sociale non plus. »
Aujourd'hui, celles et ceux qui paient, qui continuent à payer, ce sont les victimes. Dans un pays où la santé est publique, ce n'est pas normal.
Fanny Prigent, Assemblée nationale, avril 2026.
les chiffres
ce que coûtent les violences non soignées.
À la société, d'après la CIIVISE (2023). Aux victimes, d'après le sondage nook de février 2026 auprès de mille répondant·es.
5,4 M
adultes ayant subi des violences sexuelles dans leur enfance : un·e adulte sur dix.
à la société · CIIVISE, 2023
160 000
enfants victimes chaque année.
à la société · CIIVISE, 2023
9,7 Mds €
par an, dont 6,7 milliards de dépenses de santé.
à la société · CIIVISE, 2023
−20 ans
d'espérance de vie sans soins adaptés.
à la société · CIIVISE, 2023
21 009 €
pour se reconstruire, en moyenne, étalés sur huit ans de soins.
aux victimes · sondage nook, février 2026
210 €
par mois : ce que les Françaises parviennent à épargner mensuellement.
aux victimes · sondage nook, février 2026
3 sur 4
ont renoncé à des soins par manque d'argent.
aux victimes · sondage nook, février 2026
90 €
la séance spécialisée en libéral, non remboursée.
aux victimes · sondage nook, février 2026
ce que nous demandons
ce que nous demandons au Gouvernement.
Ce n'est pas le coût des violences, c'est le coût de l'absence de soins spécialisés. Ce dont les victimes ont besoin, elles l'ont dit : elles sont 30 000 à l'avoir confié à la CIIVISE. Que les violences cessent, être crues, être protégées, être reconnues, pouvoir se soigner sans payer.
01
ouvrir le parcours de soins aux adultes
Nous demandons au Gouvernement d'ouvrir aux adultes qui ont subi des violences sexuelles dans leur enfance le droit à des soins gratuits, comme la CIIVISE le recommande depuis 2023. Une politique publique digne de ce nom se construit à hauteur de cet impératif ; celle de l'article 55 s'est construite à hauteur d'un arbitrage budgétaire.
02
former les professionnel·les
Le traumatisme complexe n'est enseigné nulle part dans le cursus initial. Passer de quelques centaines à 10 000 professionnel·les formé·es, et conventionner les psychologues spécialisé·es à un tarif réaliste.
03
repérer et orienter
Généraliser la question « avez-vous subi des violences dans l'enfance ? » chez le médecin généraliste, en gynécologie, à l'école, et savoir vers qui orienter ensuite. Une question posée à 30 ans, c'est treize ans d'errance en moins.
et le budget ?
Le 15 septembre, le Premier ministre annonçait 1,5 milliard d'euros contre les violences sexistes et sexuelles. Il a fallu quelques heures pour comprendre que cette enveloppe ne contenait aucun crédit nouveau. Pendant ce temps, l'absence de soins coûte 9,7 milliards d'euros par an à la société, dont 6,7 milliards de dépenses de santé, parce que ce qu'on ne soigne pas tôt se soigne plus tard et coûte alors bien davantage.
la tribune
se soigner après des violences sexuelles dans l'enfance ne devrait pas être un privilège.
Média et date de publication à compléter.
Le 1er octobre, l'Assemblée nationale examine en séance publique la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes. Ce texte contient une mesure attendue depuis des années : un parcours de soins spécialisés du psychotraumatisme, pris en charge par la solidarité nationale. C'est l'une des principales préconisations de la CIIVISE. Nous devrions écrire pour nous en réjouir. Nous écrivons parce que le texte exclut la majorité des victimes.
L'article 55 réserve ce parcours aux mineur·es. Or on sait, avec une précision documentée, qui peut accéder aux soins et quand. Un enfant victime sur dix révèle les violences au moment des faits ; de l'ordre de deux enfants victimes sur cent reçoivent des soins pendant leur minorité. Ce silence est fabriqué par l'agresseur et la honte comme l'amnésie traumatique le prolongent pendant des décennies. Alors on parle tard et on se soigne plus tard encore, à quarante ans passés, quand la mémoire revient. En France, 5,4 millions d'adultes ont subi des violences sexuelles dans leur enfance. C'est un·e adulte sur dix. La loi donne ainsi un droit aux victimes qui ne peuvent pas encore l'exercer et le refuse à celles qui en ont besoin maintenant.
En attendant, pour les victimes, c'est la triple peine : être violé·e dans l'enfance, devoir construire son parcours de soins seul·e et le financer seul·e. La première peine, aucun texte de loi ne peut la défaire. Les deux autres, si.
construire son parcours de soins seul·e.
Les soins commencent par des années d'errance : 79 % des professionnel·les de santé ne font pas le lien entre les symptômes du traumatisme et leur cause. Les victimes multiplient alors les examens et les spécialistes, sans qu'aucune cause physique soit jamais trouvée, jusqu'à s'entendre dire que « c'est le stress ». Cette errance dure treize ans en moyenne et le corps paie le prix du retard de diagnostic. Quand le lien est enfin fait, les dispositifs publics n'ont pas de place : un seul centre régional du psychotraumatisme par région, des centres médico-psychologiques saturés où l'attente atteint douze à dix-huit mois selon les territoires. Reste le secteur libéral : quelques centaines de praticien·nes spécialisé·es pour des millions de victimes.
le financer seul·e.
« Jusqu'alors je n'avais jamais fait de thérapie parce qu'il faut payer. Je n'avais pas assez d'argent », a confié une victime à la CIIVISE. « Les soins que je me paie, la société ne les reconnaît pas, la Sécurité sociale non plus et pourtant… Je ne sais pas comment font les gens qui n'ont pas ce que je gagne », dit une autre. Il manquait un chiffre, celui de ce que les victimes paient elles-mêmes. nook l'a établi cette année auprès de mille d'entre elles : se reconstruire coûte 21 009 euros en moyenne, étalés sur huit ans de soins. C'est 210 euros par mois, soit l'équivalent de ce que les Françaises parviennent, en moyenne, à épargner mensuellement. Les séances de psychologue, non remboursées, sont le premier poste de dépense. Quand payer devient impossible, les victimes abandonnent : les trois quarts ont renoncé à des soins par manque d'argent.
Ce dont les victimes ont besoin, pourtant, elles l'ont dit. Elles sont 30 000 à l'avoir confié à la CIIVISE : que les violences cessent, être crues, être protégées, être reconnues, pouvoir se soigner sans payer. Une politique publique digne de ce nom se construit à hauteur de cet impératif. Celle de l'article 55 s'est construite à hauteur d'un arbitrage budgétaire.
Corriger l'article 55 ne dépend pas des député·es : la Constitution interdit aux parlementaires de créer une dépense par amendement. Seul le Gouvernement peut ouvrir ce parcours de soins aux adultes.
Reste la question du budget. Parlons-en. Le 15 septembre, le Premier ministre annonçait 1,5 milliard d'euros contre les violences sexistes et sexuelles. Il a fallu quelques heures pour comprendre que cette enveloppe ne contenait aucun crédit nouveau, seulement des dépenses déjà budgétées, additionnées pour servir une opération de communication. Pendant ce temps, l'absence de soins coûte 9,7 milliards d'euros par an à la société, dont 6,7 milliards de dépenses de santé, parce que ce qu'on ne soigne pas tôt se soigne plus tard et coûte alors bien davantage.
Nous demandons au Gouvernement d'ouvrir aux adultes qui ont subi des violences sexuelles dans leur enfance le droit à des soins gratuits. Bénéficier de soins spécialisés après des violences sexuelles subies dans l'enfance ne devrait pas être un privilège. C'est une question de justice. Le Gouvernement doit l'entendre.
partager la tribuneon soigne. et on se bat pour le remboursement.
Depuis février 2026, nook documente ce que paient les victimes et le porte devant les parlementaires, dans la presse et dans les débats publics. Avec Alice Gayraud, responsable du plaidoyer.
- février 2026Sondage auprès de mille adultes victimes : combien coûte se soigner ?
- mars 2026Rapport « Le coût de la reconstruction » ; Libération en fait un article ; courrier à l'ensemble des député·es pour cosigner la proposition de loi Cathala.
- avril 2026Intervention à l'Assemblée nationale : les résultats du sondage devant les parlementaires.
- mai 2026Webinaire avec la députée Gabrielle Cathala.
- juillet 2026FéminisTalk sur la pédocriminalité.
- août 2026Universités d'été de La France insoumise : la triple peine.
- septembre 2026Audition sur la loi intégrale (9 septembre) ; Feminist Camp (26 septembre).
- octobre 2026Loi intégrale en séance ; tribune « Se soigner ne devrait pas être un privilège » ; proposition de loi Cathala examinée début octobre.
rapport · février 2026
le coût de la reconstruction.

résultats du sondage
ce que les victimes paient de leur poche.
Mille adultes ayant subi des violences sexuelles dans l'enfance ont répondu en février 2026. Le rapport documente, pour la première fois en France, ce que les victimes paient de leur poche : 21 009 euros en moyenne, 22 types de soins mobilisés, trois quarts de renoncement.
recevoir le rapport (PDF)intervention à l'Assemblée nationale
les résultats devant les parlementaires.
En avril 2026, Fanny Prigent a présenté les résultats du sondage devant les parlementaires, lors du colloque sur le coût de la reconstruction.
nook dans la presse
ce que la presse a relayé.
septembre 2026
« [titre à transmettre] » (Mediapart)
Sur l'exclusion des adultes du parcours de soins de la loi intégrale. Titre et lien à transmettre par Fanny.
27 août 2026
« Face à l'annonce d'un questionnaire pour les enfants sur les violences sexuelles, les associations sont partagées » (Le HuffPost) (nouvel onglet)
nook est citée dans le débat sur le repérage précoce et les moyens de soin qui doivent suivre.
13 juin 2026
« Affaire Lyhanna et violences sexuelles : "Le coût de l'inaction, c'est le véritable scandale" » (Ouest-France) (nouvel onglet)
Alice Gayraud, responsable du plaidoyer, porte la voix de nook.
25 mars 2026
« 210 euros mensuels en moyenne : les victimes de violences sexuelles appauvries par le coût de la reconstruction » (Libération) (nouvel onglet)
Libération relaie les résultats du sondage nook.
13 juin 2025
« nook care : une réponse thérapeutique inédite pour les survivantes de violences sexuelles dans l'enfance » (Doctissimo)
Doctissimo présente le parcours nook.
ils parlent de nook

