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Cette ressource évoque les conséquences des violences subies dans l'enfance, sans les décrire. Si vous préférez y revenir plus tard, prenez le temps dont vous avez besoin.

témoignage

comprendre ses symptômes n'est pas un luxe

Ça devrait être un droit.

écrit par l'équipe nook · sources en fin d'article · 4 min de lecture

Une femme attentive devant un ordinateur, un carnet à côté d'elle.

Il y a quelques années, je croyais que mes blocages, mes angoisses, ma fatigue constante étaient des défauts. Aujourd'hui, je sais que c'étaient des symptômes : des traces laissées par le traumatisme non traité des violences subies dans l'enfance.

On met des années à comprendre

Quand on a subi des violences dans l'enfance, on met souvent des années à comprendre ce qu'elles ont laissé comme traces. Parce que très peu de professionnel·les sont formé·es. Parce que l'information est éparpillée, parfois culpabilisante. Parce qu'on a appris à minimiser.

Et surtout parce qu'il faut du temps, beaucoup de temps, pour comprendre que la fatigue chronique, les colères incontrôlables, la confusion mentale, l'hypervigilance, l'autodévalorisation ou la dissociation ne sont pas des traits de caractère, mais des conséquences d'un traumatisme. Même quand on est déjà en thérapie.

Chaque semaine, nous recevons des messages comme ceux-ci :

  • « Est-ce que la fatigue chronique peut venir du trauma ? Est-ce que ça se soigne ? »
  • « Je suis suivie en thérapie, mais j'ai toujours des blocages. Est-ce normal ? »
  • « Je ne ressens rien. Est-ce que c'est un symptôme ? »
  • « J'ai l'impression que rien ne marche. Pourquoi ? »
  • « Je me sens en décalage avec les autres. Est-ce que ça vient de là ? »
  • « Je suis tout le temps en colère. Pourquoi je ne m'en sors pas ? »

Ces questions viennent souvent de personnes déjà engagées dans un parcours de soin. Même avec du soutien, on n'a pas toujours accès à des explications claires, à des mots qui font sens.

Pourquoi c'est si difficile d'avoir des informations claires

Parce que le trauma complexe est encore mal connu, y compris des professionnel·les de santé. Les violences subies dans l'enfance sont rarement abordées en formation initiale. Les formations spécialisées sont longues, coûteuses, parfois inaccessibles. Et en tant que patient·e, on est souvent poussé·e à minimiser.

Mais comprendre, c'est déjà commencer à sortir de la confusion. C'est souvent le point de départ vers des soins plus adaptés.

Pourquoi comprendre est si important après un traumatisme

Comprendre, c'est retrouver un peu de pouvoir

Le traumatisme, c'est le chaos : des réactions qui nous échappent, des émotions trop fortes ou absentes. La psychoéducation aide à mettre des mots précis : figement, flashbacks, dissociation, hypervigilance. Nommer, c'est reprendre un peu de contrôle.

Comprendre, c'est savoir qu'on n'est pas fou·folle, mais blessé·e

Beaucoup de personnes ayant subi des violences croient qu'il y a « quelque chose qui cloche » en elles. Comprendre, c'est reconnaître que notre système a réagi pour nous protéger. On passe de la honte à une forme de légitimité.

Comprendre, c'est séparer le passé du présent

Un geste, une phrase, une odeur, et c'est comme si tout recommençait. Comprendre, c'est identifier les déclencheurs, et ne plus se perdre dedans. Cela ouvre la voie à plus de sécurité intérieure.

Comprendre, c'est trouver les bons soins

Sans repères, on peut enchaîner les pistes thérapeutiques qui ne conviennent pas. Comprendre permet de s'orienter vers des approches adaptées au traumatisme : soin par phases, EMDR, TCC centrée sur le trauma… Ce n'est pas que « rien ne marche » : c'est qu'on n'avait pas encore les soins adaptés.

En résumé

Comprendre, ce n'est pas guérir. Mais c'est mettre du sens, réduire la honte, pouvoir dire « ce n'est pas ma faute », et aller chercher des soins qui soulagent vraiment.

Ils et elles en parlent

« Ces dernières années, j'ai fait beaucoup de thérapie, j'avais déjà fait des groupes de parole. Et pourtant, c'est la première fois qu'on m'expliquait les mécanismes du traumatisme. Ça a été une révélation. Comprendre les impacts du traumatisme m'a permis de me sentir validée dans mes ressentis. » — J., 42 ans, groupe nook 2024
« J'ai vraiment apprécié toutes les explications sur les impacts des traumatismes. Ça m'est utile pour mieux comprendre mes modes de fonctionnement, me donner des explications quand je pouvais me sentir différent. » — N., 35 ans, groupe nook 2025

Commencer à comprendre, chez nook

sources.

1. Judith Herman, Trauma and Recovery, Basic Books, 1992. · 2. Marylène Cloitre et al., Treating Survivors of Childhood Abuse, Guilford Press, 2006 (la psychoéducation comme composante du soin).

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