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Cette ressource évoque les conséquences des violences subies dans l'enfance, sans les décrire. Si vous préférez y revenir plus tard, prenez le temps dont vous avez besoin.

reconnaître ses symptômes

je me sens dans du brouillard, là sans être là : pourquoi ?

Cette sensation de vivre derrière une vitre n'est pas de la folie. C'est votre système nerveux qui cherche encore à vous protéger.

écrit par l'équipe nook · sources en fin d'article · 2 min de lecture

Une silhouette floue derrière une vitre couverte de buée.

Être entouré·e de monde et se sentir pourtant à côté. Vivre dans un flou permanent, comme derrière une vitre. Pour beaucoup de personnes qui ont subi des violences dans l'enfance, cet état continue alors qu'elles sont aujourd'hui en sécurité. Il a un nom : la déréalisation.

Ce qu'est la déréalisation

La déréalisation est un rapport altéré à la réalité. Le monde paraît flou, lointain, artificiel, comme dans un rêve, parfois même un peu cauchemardesque. Les sons ou les couleurs peuvent sembler modifiés. On est là, sans y être vraiment.

Elle va souvent de pair avec la dépersonnalisation : c'est alors soi-même qui semble irréel. On se sent détaché·e de son corps, on se regarde agir de l'extérieur, comme un personnage, avec une impression de vide.

Une protection qui a duré

Au moment des violences, et après, la réalité était impossible à vivre pleinement. Le cerveau a trouvé une solution : mettre la réalité à distance, dans le flou. La déréalisation est donc d'abord une protection. Ce qui rend ces symptômes si lourds, c'est qu'ils continuent des années plus tard, alors que le danger est passé.

Ces sensations font souvent penser « je deviens fou ou folle ». Ce n'est pas le cas : ce sont des réflexes de protection, très fréquents après un traumatisme.

Ce qui aide

Le soin vise à retrouver de la sécurité dans le présent, et un rapport à la réalité ajusté à ce qui se passe ici et maintenant. Des pratiques de réorientation aident à sentir que le traumatisme appartient au passé et qu'il n'est plus menaçant de la même façon aujourd'hui. Sur le moment, des gestes simples peuvent aider : toucher quelque chose, sentir ses pieds au sol, nommer ce que l'on voit.

sources.

1. Suzette Boon, Kathy Steele, Onno van der Hart, Gérer la dissociation d'origine traumatique, De Boeck, 2014. · 2. Muriel Salmona, Le Livre noir des violences sexuelles, Dunod, 2013.

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