reconnaître ses symptômes
colère après un traumatisme : retournée contre soi, diffuse ou absente
Elle ne s'exprime pas toujours là où elle devrait. Mais elle a toutes les raisons d'exister.
écrit par l'équipe nook · sources en fin d'article · 2 min de lecture

La colère revient très souvent dans les suivis des personnes qui ont subi des violences dans l'enfance. Elle prend plusieurs formes, parfois opposées.
Une colère absente
Certaines personnes ne ressentent plus du tout de colère. Elle a pu avoir, dans le passé, des conséquences bien trop graves. Alors on fait tout pour faire plaisir, ne pas contrarier, éviter les conflits. Ce sont des comportements de soumission.
Une colère retournée contre soi
Mais une colère qui ne s'exprime pas envers les autres se retourne souvent contre soi. Elle prend la forme de phrases très dures : « Je suis nul·le », « Je ne sais toujours pas m'affirmer », « Je me comporte comme une enfant ». Une colère autocritique, qui enfonce.
Une colère contre tout le monde
D'autres personnes ressentent au contraire une très grande colère, un peu envers tout le monde, souvent déclenchée par un sentiment d'injustice.
Une colère légitime
La colère est complètement légitime au vu de ce qui s'est passé. La difficulté, c'est quand elle ne s'exprime pas au bon endroit : quand elle déborde sur tout, ou se retourne contre soi, au lieu de servir à s'affirmer tranquillement.
Quand la colère est une réaction de lutte
Le traumatisme a laissé une empreinte dans le système nerveux. Une partie de la colère relève d'un état de lutte : le système nerveux reste mobilisé, comme s'il fallait encore se défendre. Cet état coûte beaucoup d'énergie, fatigue, et peut rendre confus·e, parce qu'on ne mène pas toujours les bons combats.
Faire de la colère une alliée
Une première étape peut être d'accueillir sa colère avec compassion : elle a raison d'exister. Ensuite, apprendre à la mettre à son service, pour qu'elle ne soit plus constamment retournée contre soi, ni dispersée au point de perdre ce qu'elle a de constructif : la capacité à dire non, à poser des limites, à avancer.
sources.
1. Judith Herman, Trauma and Recovery, Basic Books, 1992. · 2. Marsha M. Linehan, DBT Skills Training Manual, 2e éd., Guilford Press, 2015 (régulation émotionnelle).