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Cette ressource évoque les conséquences des violences subies dans l'enfance, sans les décrire. Si vous préférez y revenir plus tard, prenez le temps dont vous avez besoin.

reconnaître ses symptômes

ne rien ressentir du tout parfois : est-ce normal ?

Ces moments où tout semble éteint font partie des conséquences du traumatisme. Ne pas sentir a d'abord servi à ne pas souffrir.

écrit par l'équipe nook · sources en fin d'article · 3 min de lecture

Une femme assise sur un canapé, les genoux repliés, le regard neutre.

Oui. Les personnes qui ont subi des violences dans l'enfance ou l'adolescence peuvent, à l'âge adulte, avoir la sensation de ne plus rien ressentir. C'est une forme de dissociation, qui peut avoir différents degrés et toucher différentes choses.

Ne plus sentir son corps

Certaines sensations corporelles, ou certaines parties du corps, peuvent être comme anesthésiées. On peut aussi ne plus sentir le contact avec l'environnement : ne pas remarquer qu'on a très froid ou très chaud, parce qu'on n'a pas bien conscience de ce qui se passe dans son corps.

Ne plus sentir certaines émotions

La colère. On peut s'en être coupé·e parce qu'elle faisait trop peur, qu'elle aurait eu trop de conséquences, ou qu'on a appris qu'on n'avait pas le droit d'être en colère. Ce qui pèse ensuite sur les relations.

La tristesse. Enfant, on a pu toucher des moments de détresse et de solitude si insupportables que la tristesse s'est éteinte. Pourtant, être triste aide aussi à savoir ce qui nous touche, et à faire des choix.

La peur. On peut l'avoir désactivée pour ne plus revivre la terreur du passé. Mais sans la peur, on repère moins bien un danger, dans une relation ou dans une situation.

La joie. Beaucoup de personnes qui ont subi des traumatismes se méfient de la joie, comme si c'était trop beau pour être vrai. On s'en coupe par peur d'y goûter et d'être déçu·e, parce qu'on a appris que chaque fois qu'on se laissait aller, quelque chose de grave arrivait.

Les autres. On peut aussi ne plus ressentir d'empathie, se sentir coupé·e des autres.

Ne pas sentir, pour ne pas souffrir

Derrière chacune de ces coupures, petites ou grandes, il y a un besoin de protection : ne pas sentir, au départ, c'était ne pas souffrir. Puis ne pas sentir devient une souffrance à son tour, parce que si l'on ne sent pas, on ne se sent pas exister non plus.

Retrouver des sensations, en sécurité

Le soin vise à pouvoir ressentir de nouveau à l'intérieur de ce qu'on appelle la fenêtre de tolérance : une zone où l'on peut éprouver des émotions sans se sentir menacé·e. Retrouver, dans cette zone, du relief et des nuances, c'est retrouver le sentiment d'être vivant·e.

sources.

1. Suzette Boon, Kathy Steele, Onno van der Hart, Gérer la dissociation d'origine traumatique, De Boeck, 2014. · 2. Pat Ogden, Kekuni Minton, Clare Pain, Le Trauma et le corps, De Boeck, 2015.

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