rejoindre un groupe
un groupe quand on a subi un trauma : ce qui est prévu pour que ce soit sûr
Avoir peur qu'un groupe réveille ce que l'on a vécu est une inquiétude très fréquente, et légitime. Voici comment le cadre est pensé.
écrit par l'équipe nook · sources en fin d'article · 3 min de lecture

« J'ai peur que les échanges réactivent ce que j'ai vécu. » « Je dissocie facilement, est-ce que le groupe va m'activer ? » Ce sont deux des questions qu'on nous pose le plus souvent avant de rejoindre un groupe. Elles sont légitimes, et c'est autour d'elles que le programme a été pensé : votre stabilité et votre sentiment de sécurité passent en premier.
On ne raconte pas les violences en groupe
Dans les échanges de groupe, on ne partage pas de récits des violences subies. On ne revient pas sur le passé. C'est un point essentiel du cadre : en groupe, ce serait réactivant, pour vous comme pour les autres. Ce qui se partage, ce sont les difficultés d'aujourd'hui et la pratique des exercices.
Ce n'est pas un manque : travailler sur les symptômes du présent agit déjà sur l'empreinte du traumatisme, et prépare un éventuel travail sur les souvenirs, plus tard, en suivi individuel.
Si vous dissociez facilement
La dissociation est un mécanisme de survie fréquent chez les personnes qui ont subi un traumatisme complexe. Ce n'est pas un obstacle pour rejoindre un groupe : c'est l'un des symptômes sur lesquels le programme travaille. Vous n'avez pas à « réussir » à rester présent·e pour participer.
Les premières séances sont largement consacrées aux pratiques qui aident à revenir au présent : ancrage, lieu calme, contenant. La psychologue est formée à repérer les signes de dissociation, même discrets, à les nommer sans jugement et à proposer en séance de quoi revenir au présent.
Un groupe fermé, une psychologue garante du cadre
Le cadre est posé par une psychologue spécialisée dans le traitement du traumatisme, et il s'ajuste à chaque personne. Le groupe est fermé : les mêmes participant·es et la même psychologue pendant les dix séances.
Si une personne est en difficulté pendant une séance, la psychologue adapte : elle peut proposer une pratique d'ancrage à tout le groupe, ou échanger directement avec elle. Ce n'est pas à vous de porter les autres.
Entre les séances, il n'y a volontairement pas d'espace d'échange entre participant·es : plus il y a de canaux ouverts sur ces sujets, plus le risque d'échanges déstabilisants augmente.
Avant de commencer
Le questionnaire d'orientation, puis un temps d'échange avec l'équipe, servent à vérifier que le groupe répond à vos besoins, à votre profil et à vos symptômes du moment. Si ce n'est pas le bon moment, on vous le dit, et on vous oriente vers ce qui est plus adapté.
Pendant le programme, vous gardez la main
Si une pratique ne vous convient pas ou vous met en difficulté, il n'y a aucune obligation d'y participer. Vous serez toujours encouragé·e à vous faire confiance et à respecter vos besoins et vos limites. Et si, après deux séances, vous sentez que le format ne vous convient pas, on en parle ensemble pour voir ce qui est le plus adapté.
sources.
1. Suzette Boon, Kathy Steele, Onno van der Hart, Gérer la dissociation d'origine traumatique, De Boeck, 2014. · 2. Judith Herman, Trauma and Recovery, Basic Books, 1992. · 3. Denise M. Sloan et al., « Efficacy of group treatment for posttraumatic stress disorder symptoms: a meta-analysis », Psychological Trauma, 2013.