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les 7 piliers d'une relation saine quand on a subi des violences dans l'enfance
Quand on s'est construit·e avec des blessures, il est difficile de savoir si une relation est saine. Sept repères pour faire le point, sans conclure trop vite.
écrit par l'équipe nook · sources en fin d'article · 4 min de lecture

Les difficultés relationnelles font partie des symptômes du trauma complexe. Rester en lien, faire confiance, savoir se positionner, maintenir une relation sans se soumettre : dans les groupes, ces questions reviennent sans cesse. Et une autre les accompagne souvent : comment savoir si je suis dans une relation saine ?
C'est difficile à évaluer quand on a subi des violences dans l'enfance. Les déclencheurs liés au passé peuvent faire surréagir au présent. On a appris à envisager les relations à travers ses blessures, avec des scénarios catastrophe et des peurs qui pèsent sur le lien.
Voici sept piliers sur lesquels s'appuyer. Ils donnent des repères pour voir si, globalement, vos relations sont saines, et sur quels points chercher plus d'équilibre.
1. Le respect mutuel
Dans une relation saine, il n'y a pas de domination, ni d'un côté ni de l'autre, et donc pas de soumission. Chacun·e peut s'affirmer sans que cela devienne un rapport de pouvoir.
On peut admirer l'autre. Mais admirer ne veut pas dire le ou la placer au-dessus de soi. L'admiration inspire ; elle n'écrase pas, et ne crée ni soumission ni sentiment d'infériorité.
2. Pouvoir exprimer ses besoins et ses limites
Pouvoir dire non sans agressivité, et recevoir le non de l'autre sans punition ni représailles. Les limites de chacun·e sont respectées sans culpabilisation. C'est valable dans les deux sens.
3. L'équilibre entre autonomie et proximité
Il est normal d'avoir des moments où l'on a envie et besoin d'être ensemble. Mais chacun·e garde aussi son espace propre : il n'y a pas de fusion. L'autonomie de l'autre n'est pas vécue comme une attaque contre le lien.
4. La sécurité émotionnelle
On peut se sentir en sécurité même quand l'autre est absent·e, et la relation apaise plus qu'elle n'angoisse.
Quand on a vécu des traumatismes, l'autre peut, pendant un temps, être un point d'appui pour s'apaiser et réapprendre à faire confiance. Mais ce rôle reste temporaire : on ne l'enferme pas dans la mission de répondre à tous nos besoins. Et cela vaut dans les deux sens. C'est ce qui évite que la relation épuise les personnes qui la vivent.
5. La confiance de base
L'autre ne cherche pas à nous faire du mal. Un désaccord est donc possible sans mener à la rupture : on a confiance dans le lien, et dans le fait que chacun·e cherche à être bien avec l'autre, même sans être d'accord.
6. Une communication ouverte
On peut parler sans craindre le rejet, l'humiliation ou les représailles. On a le droit de mal communiquer parfois. Ce qui compte, c'est de pouvoir reprendre, s'expliquer quand on s'est mal compris·es, dans un climat de confiance.
7. Le droit à l'erreur
Se tromper ne détruit pas la relation. Une relation saine a de la souplesse et des cycles : on se comprend, puis on ne se comprend plus, chacun·e revient un peu dans son espace, et la communication permet de retrouver un terrain commun.
Et si une relation ne coche pas toutes les cases ?
Ces sept piliers sont des repères, pas un examen. Constater qu'une relation ne les remplit pas tous ne veut pas dire qu'il faut rompre. On est parfois enfermé·e, de part et d'autre, dans des mécanismes qui peuvent évoluer. On peut en parler avec l'autre, faire un pas de côté là où l'on se sent coincé·e.
C'est une invitation à faire le point sur vous et sur vos relations, pour qu'elles deviennent plus justes pour vous, pour l'autre et pour le lien.
Une relation où vous avez peur, où l'on vous menace ou vous contrôle, n'est pas une relation à « faire évoluer » : vous pouvez en parler au 3919 (violences conjugales, gratuit, 24 h/24).
sources.
1. Judith Herman, Trauma and Recovery, Basic Books, 1992. · 2. Suzette Boon, Kathy Steele, Onno van der Hart, Gérer la dissociation d'origine traumatique, De Boeck, 2014.