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Cette ressource évoque les conséquences des violences subies dans l'enfance, sans les décrire. Si vous préférez y revenir plus tard, prenez le temps dont vous avez besoin.

pratique

expliquer ses réactions à ses proches sans tout raconter

On peut vouloir être compris·e sans être prêt·e à tout dire. Ce n'est pas contradictoire. Cinq repères pour en parler, à sa façon.

écrit par l'équipe nook · sources en fin d'article · 4 min de lecture

Deux femmes de dos sur un banc, l'une parle, l'autre écoute.

Beaucoup de personnes qui ont subi des violences dans l'enfance ou l'adolescence vivent non seulement avec ce que ces violences ont laissé, mais aussi avec un secret. Comme si elles étaient responsables de porter quelque chose de honteux. Ce silence est souvent le produit des stratégies de l'agresseur, qui verrouillent la parole : comme si parler allait aggraver la situation.

Parfois, parler a effectivement déçu : l'entourage n'a pas réagi à la hauteur. Parfois, on se tait parce qu'on pressent qu'on ne serait pas soutenu·e, ou pour protéger les autres. Dans tous les cas, la solitude est immense.

Et quand l'envie de parler est là, d'autres questions arrivent : comment trouver les mots ? Comment le dire sans être submergé·e par ses émotions, sans inquiéter l'autre au point de devoir gérer ses émotions en plus des siennes ?

Voici cinq repères. Aucun n'est universel : à chacun·e de trouver son chemin.

1. Choisir à qui en parler

Certaines personnes ont naturellement une écoute juste et une vraie capacité à recevoir. Pour les premières fois, choisissez quelqu'un avec qui vous vous sentez en confiance, et qui vous semble capable de comprendre et d'être empathique.

Si vous êtes suivi·e, votre psychologue peut être la première personne : il n'y a pas d'enjeu affectif, donc pas de crainte pour la relation.

On peut aussi commencer avec quelqu'un de moins proche. Le lien affectif est moins fort, et ce qu'on dépose a moins de conséquences sur la relation.

2. Dire qu'il s'est passé quelque chose, sans les détails

Vous pouvez faire comprendre que vous avez vécu quelque chose de grave, qui a pesé sur votre construction, sans entrer dans les faits. On cherche parfois trop à nommer une réalité qui est, au début, trop violente pour être dite directement.

Vous pouvez simplement dire qu'il y a quelque chose d'important que vous gardez depuis longtemps, et que vous n'aviez pas encore pu déposer, parce que vous ne vous sentiez pas assez en sécurité pour le faire.

3. Parler des conséquences plutôt que des faits

Vous pouvez parler de ce que cela produit aujourd'hui dans votre vie : la fatigue, les réactions fortes à certaines situations, le besoin de vous isoler, les difficultés à faire confiance. Parler de ce qui est autour du traumatisme, avant d'en raconter le contenu, aide souvent l'entourage à comprendre vos réactions.

4. Vous écouter pendant que vous parlez

Raconter précisément ce qu'on a vécu peut réactiver la mémoire traumatique. Il n'est donc pas nécessaire de tout raconter, sauf si c'est important pour vous. Et si vous le faites, restez à l'écoute de vous-même : est-ce supportable ? Rien ne vous oblige à tout dire d'un coup. Vous pouvez dire les choses petit à petit.

5. Laisser la porte ouverte, et pouvoir revenir en arrière

Dire « il y a quelque chose d'important » prépare l'autre, qui pourra vous poser des questions plus tard. Vous pouvez ajouter que c'est encore un peu tôt, mais qu'un jour vous aimeriez en dire plus. Avancer par petits pas, tester, garder la possibilité de faire marche arrière si c'était trop engageant : c'est ce qui permet que cela reste sûr pour vous.

Vous n'êtes pas obligé·e de porter ce secret seul·e

Garder un secret est très douloureux. Vous avez le droit de choisir à qui le confier, quand, et jusqu'où.

Si vous êtes un·e proche : vous n'avez pas besoin de connaître les faits pour soutenir. Croire, écouter sans poser de questions intrusives, et laisser la personne décider de ce qu'elle dit, c'est déjà beaucoup.

sources.

1. Judith Herman, Trauma and Recovery, Basic Books, 1992. · 2. CIIVISE, « On vous croit », rapport, novembre 2023.

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