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Cette ressource évoque les conséquences des violences subies dans l'enfance, sans les décrire. Si vous préférez y revenir plus tard, prenez le temps dont vous avez besoin.

reconnaître ses symptômes

fatigue et difficultés de concentration : quel rapport avec le trauma ?

Si votre corps et votre tête semblent toujours à bout, ce n'est pas de la paresse : un système nerveux en alerte permanente consomme une énergie considérable.

écrit par l'équipe nook · sources en fin d'article · 3 min de lecture

Une femme fatiguée à son bureau, la tempe appuyée sur la main.

La fatigue et les difficultés de concentration font partie des symptômes post-traumatiques les plus fréquents. Elles ont de nombreuses causes, qui s'additionnent. En voici huit.

1. L'hypervigilance

Le système nerveux reste en alerte en permanence, à l'affût d'un nouveau danger. C'est un peu comme un navigateur avec cinquante onglets ouverts, qui vérifient sans arrêt qu'il n'y a pas de menace. Pour l'organisme, c'est épuisant.

2. La charge mentale du traumatisme

Le cerveau continue de traiter un traumatisme qui ne s'est pas intégré. Il doit aussi gérer ses conséquences : éviter les déclencheurs, contenir les souvenirs qui s'imposent, les flashbacks. Il reste beaucoup moins d'énergie pour le reste.

3. Un sommeil qui ne répare pas

Difficultés d'endormissement, réveils nocturnes, cauchemars, sommeil profond insuffisant : la nuit ne remplit plus son rôle, et la fatigue comme la concentration en pâtissent le jour.

4. La dissociation

Cet état de brouillard, où l'on n'est pas vraiment présent·e, empêche de bien enregistrer les informations. La mémoire de travail en souffre : on retient moins bien ce qui se passe.

5. Des émotions difficiles à réguler

Contenir des émotions qui passent d'un extrême à l'autre demande une énergie énorme, prise sur l'attention et la concentration.

6. Le stress chronique

Le traumatisme n'est pas seulement psychique, il est aussi biologique. Les hormones du stress, comme le cortisol, mobilisent le corps en continu. Cette mobilisation épuise ses ressources et entraîne des symptômes physiques qui fatiguent à leur tour.

7. La dépression

Beaucoup de personnes qui ont subi des traumatismes graves ont aussi des symptômes dépressifs. La fatigue liée à la dépression s'ajoute alors au reste.

8. Le perfectionnisme et l'autocritique

Les personnes qui ont vécu des traumatismes sont souvent très exigeantes envers elles-mêmes. Elles compensent leurs symptômes pour « tenir » socialement et au quotidien. Cet effort permanent d'ajustement coûte beaucoup d'énergie et de concentration.

Un cercle vicieux

La fatigue est là, alors on fait des efforts pour la masquer. On dépasse ses limites, et on est encore plus fatigué·e. Ce cercle peut s'installer durablement.

Par où commencer

Apprendre à composer avec cette fatigue, cela s'apprend. La première étape est de reconnaître ses limites : elles ne sont pas un manque de volonté, ce sont des conséquences du traumatisme. Puis comprendre d'où vient la fatigue, pour agir dessus progressivement, avec des soins adaptés.

sources.

1. Bessel van der Kolk, Le Corps n'oublie rien, Albin Michel, 2018. · 2. Anne Germain, « Sleep disturbances as the hallmark of PTSD: where are we now? », American Journal of Psychiatry, 2013. · 3. Lee Ann Szymanski, Julian Sapienza, Felix Lopez, « Trauma and ADHD: association or diagnostic confusion? A clinical perspective », Journal of Infant, Child, and Adolescent Psychotherapy, 2011.

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